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QYPE DEBATS DE SOCIETE
Qype peut également être le lieu de débats de société sérieux. Chacun a son avis sur le monde qui nous entoure. Ce groupe permettra aux qypers de s'exprimer avec ses mots et sa pensée. Les débats constructifs sont les bienvenus. Ce n'est pas le lieu pour y proférer des insultes, diffamations ou propos irrévérencieux. Merci à chacun de contribuer à l'expansion de ce groupe.
Syndicats
qui commence avec Poivre&Sel (25 octobre 2010)
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25 octobre 2010
Je viens de lire une dépèche concernant la société Continental qui a vraiment attiré mon attention Le point:
Une pétition demandant de nouvelles élections professionnelles chez Continental France - à la suite du rejet par la CGT et la CFDT d'un projet controversé de maintien de l'emploi en échange de sacrifices salariaux - a recueilli plus de 1.100 signatures, ont annoncé, lundi, ses initiateurs. Des salariés se présentant comme "indépendants, apolitiques et non syndiqués" de Continental Automotive France (2.500 salariés en Midi-Pyrénées) avaient lancé, jeudi, cette pétition, après que les syndicats majoritaires ont usé de leur droit d'opposition au projet, le rendant inapplicable.
La pétition a recueilli en "à peine 48 heures" plus "de 1.120 voix", déclarent ces salariés "indépendants" dans un communiqué. Ces derniers y voient la "preuve" que "les syndicats majoritaires CGT et CFDT ne sont plus légitimes aux yeux d'une majorité croissante de salariés".
texte complet: http://www.lepoint.fr/societe/plus-de-1-000-salaries-de-c...
Cela pose donc clairement la question de la légitimité syndicale d'une part, des méthodes de ceux ci d'autre part et enfinde tout le dialogue social.
Qu'en pensez vous?
Poivre&Sel a modifié cet avis 25 octobre 2010
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25 octobre 2010
A lire d'urgence "L'argent noir des syndicats" de Roger Lenglet.
Les exemples concrets qui y sont décrits correspondent à ce que j'ai vécu dans l'entreprise qui m'employait il y a deux ans, où j'étais délégué syndical, représentant syndical au CCE, représentant du personnel et représentant aux assemblées des sociétaires en qualité de salarié cadre, dans une très grande société d'assurances française.
Je ne vais pas raconter mon histoire, surtout pas sur Qype, mais elle est sidérante (certains la connaissent).
Mon seul cas suffirait à écrire le scénario d'un film.
A titre d'info j'avais droit à 43 heures de délégation par mois. Celles et ceux qui ont ou ont eu des responsabilités syndicales savent à quoi cela correspond en terme de mandats et d'importance de ceux-ci.
En deux mots : aujourd'hui les syndicats n'ont que faire des préoccupations des salariés qu'ils sont censés représenter. Seules comptent leurs propres préoccupations, leur image de marque, la manière dont ils vont se positionner dans le débat politique.
En France, à la différence des syndicats des pays nordiques (qui regroupent près de 80 % des salariés mais qui sont très constructifs dans le débat social avec les syndicats patronaux), les organisations syndicales sont ultra politisées et veulent influer dans le débat politique pour exister alors qu'elles ne représentent que 6 % des salariés (y compris les fonctionnaires quasi tous syndiqués).
Autant dire que les organisations représentatives françaises ne représentent RIEN !!
Les salariés commencent à en avoir marre de la manière dont agissent les syndicats qui aujourd'hui appellent au blocage du pays et ensuite s'étonneront des conséquences économiques que cela entraîne en répétant c'est la faute du patronat, les patrons sont tous des cons !!
Le dialogue social c'est de la fumisterie. Les élus sont manipulés quand ils ne sont pas grassement dédommagés....ou mieux encore, lorsqu'on constate les postes occupés et les salaires versés "aux permanents syndicaux" dont on crée des emplois fictifs au nom "d'une paix sociale tronquée".
J'ai vu de pauvres bougres manipulés se faire élire et ensuite devenir de véritables tyrans en croyant être devenus "quelqu'un d'important" au motif que désormais le patron l'appelait "Monsieur" à l'occasion des réunions de Comité d'Entreprise auxquelles il ne comprenait rien de ce qui se disait...
La technique est simple : faire croire à quelqu'un qu'il a de l'importance afin de le rendre orgueilleux et le couper ainsi de ceux qu'il doit représenter.
Et lorsqu'ils se retrouvent entre eux, ce n'est pas pour étudier des cas difficiles vécus par les salariés au sein de l'entreprise mais pour parler de la stratégie à adopter pour foutre des bâtons dans les roues du syndicat concurrent.
C'est édifiant ce qu'est devenu le syndicalisme au 21éme siècle, et cela explique beaucoup pourquoi ils n'ont pas plus de légitimité aujourd'hui qu'une paire de gants chez les manchots.
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25 octobre 2010
Enfin voila un langage qui n'est pas un langage de "sourds" !! Bravo Lex !
Faut pas rêver Poivre&Sel, c'est surtout leur revenu qu'ils défendent et la grève justifie leur emploi.
Triste pour tout ce que ça entraîne de désagréments pour les autres, eux ils en ont rien à faire des poubelles dans les rues même si on y cache une bombe à retardement ou une épidémie !! Ils sont vachement solidaires !!
GILDE a modifié cet avis 25 octobre 2010
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26 octobre 2010
Et après ça c'est pas de la manipulation....(en plus un terrible aveu de faiblesse de leur part devant leur incapacité à mobiliser....) !!!
http://www.france24.com/fr/20101026-malgre-vacances-syndi...
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26 octobre 2010
je vous propose de lire cet excellent livre qui malheureusement n'apporte pas la solution mais fait un cosntat
de la situation :Gâchis de
Franz-Olivier GiesbertMais dans quel monde vivons-nous ? La Commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali, vient de mettre au point une stratégie à dix ans pour la France (1). Un texte intelligent et passionnant de bout en bout qui tente de trouver des solutions pour nos deux plaies saignantes : le chômage de masse et l'endettement de l'Etat, qui risque d'entraîner, un jour prochain, la perte de notre souveraineté.
Ce rapport est tombé comme un pavé dans la " jacquerie " géante et permanente qui, ces temps-ci, se déroule en France sous les yeux éberlués de nos partenaires. Il la rend plus absurde et plus archaïque encore, si c'est possible. Sans oublier que l'on en comprend d'autant moins les motivations qu'elle est menée depuis des bastions où l'on prend, dans la plupart des cas, sa retraite à 55 ans.
La France ne s'aime décidément pas. Le romancier Willy, le mari de Colette, qui était sa nègre, disait jadis que notre pays ignore l'hagiographie. On pourrait dire aussi qu'il adore l'autoflagellation et pratique à grande échelle la haine de soi. Pourquoi, aujourd'hui, cette spirale suicidaire ? C'est la question qu'il faut se poser devant ce gâchis social, sur fond de confusionnisme, d'inculture économique et de perte de sens. Elle interpelle les marchands de grève autant que le pouvoir politique, qui n'a pas su expliquer sa bonne réforme des retraites et qui, de surcroît, l'a présentée trop tard, alors que flottent déjà dans l'air, à un an et quelque de la présidentielle, des relents de fin de règne.
Mais il est vrai qu'on ne réforme jamais impunément. Surtout quand on est impopulaire
1. " Une ambition pour dix ans ", La Documentation française et XO Editions.
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26 octobre 2010
Il y a aujourd'hui un grand amalgame entre les valeurs du syndicalisme d'hier et ce qu'il est devenu aujourd'hui.
Le syndicalisme d'aujourd'hui ne survit, il faut le savoir, que grâce aux subsides des grandes entreprises qui leur fournissent de quoi vivre. Il faut se remémorer l'affaire UIMM.
La loi du 20 août 2008 oblige les syndicats à plus de transparence sur leur financement.
Etrangement nous (c'est à dire 95 % des français) n'avons aucun feed-back sur son application.
Pourquoi ? Parce que depuis le début des années 70, le syndicalisme est l'affaire des grandes entreprises et des syndicats, autour d'un "je t'aime moi non plus" au nom d'une paix sociale.
Les Grandes entreprises achètent cette paix sociale. Il faut savoir que dans le hall d'entrée du siège social de la CGT, il y a des stands réservés aux grandes entreprises qui, en fait, louent (au prix fort) des espaces "publicitaires".
Autre exemple : le financement déguisé par des achats d'espaces publicitaires dans des journaux internes syndicalistes (je pourrai vous en montrer des tonnes !!).
Au final qui paie tout ça ?
1/ les français pauvres bougres manipulés, ouvriers, employés, étudiants qui succombent au nom de leur "inculture économique" (je reprends les termes de FOG), aux sirènes (au sens propre comme au figuré) d'une démagogie savamment orchestrée qui les conduira à leur perte. L'exemple des salariés de Continental est un message fort. A titre perso, j'ai eu beaucoup d'empathie pour les grévistes de Continental car j'estimais leur combat juste au vu du foutage de gueule qu'ils avaient subi. Aujourd'hui ils se rendent compte qu'ils ont été manipulés par des syndicats qui ne servent à rien et qui décident à leur place. Nous sommes vraiment ici devant une tentative d'inhibition de la personnalité et de la dignité humaine : "vous peuple exploité, défilez et contestez avec nous, mais quand il s'agit de négocier, s'il vous plait, fermez là !"
2/ Les chefs d'entreprise des TPE, PMI, PME, soit 95 % des entreprises de ce pays, qui en pleine crise économique, doivent faire face à cette horde d'incultes économiques manipulés par des syndicats et partis politiques d'une démagogie extrême.
Voilà comment on fait pour faire crever un pays tout entier.
Mais à ces syndicats et partis politiques larvés qui ne visent qu'au chaos démagogique, je leur dis "attention, lorsque la bête est presque morte, ce sont les réflexes de survie qui reviennent, et là, pas de quartier..."
lexconsulting a modifié cet avis 26 octobre 2010
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26 octobre 2010
Mais alors pourquoi les syndicats qui seraient cul et chemise avec le pouvoir politique et économique n'est pas capable de négocier des réformes et pourquoi va t on systématiquement au conflit?
Seraient ils uniquement dans un jeu de rôle, une comedia del arte dont nous serions les spectateurs et payeurs?
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26 octobre 2010
LE MYTHE DU LIEN SOCIAL
Le travail désenchanté
[…] « Craignez, tremblez. » Le message idéologique a changé : de « qu’importe le travail, pourvu que la paie tombe à la fin du mois », il est devenu : « qu’importe le montant de la paie pourvu qu’on ait l’emploi. » Autrement dit, soyez prêts à toutes les concessions, humiliations, soumissions, compétitions, trahisons pour obtenir ou conserver un emploi ; car « qui perd l’emploi perd tout ». Tel est, sinon le sentiment général, du moins le message du discours social dominant. Il exalte la centralité du travail, présente celui-ci comme un « bien », autant dire comme une marchandise rare, comme quelque chose qu’on a ou qu’on a pas, non comme quelque chose qu’on fait en y dépensant ses forces et son temps. Comme un « bien » pour la « possession » duquel il faut être prêt à des sacrifices. Comme un « bien » pour la « création » duquel [car désormais ce n’est pas le travail qui crée de la richesse, c’est la richesse (celle des autres) qui « crée du travail »] « les créateurs de travail », c’est-à-dire les employeurs, le patronat, les investisseurs, les entreprises méritent les encouragements et la reconnaissance de la nation, les subventions, incitations et dégrèvement du fisc. Le travail, un bien ; l’emploi : un privilège. Privilège de plus en plus rare car « le travail va manquer » et, quelles que soient vos compétences, vous risquez d’en être « privé » avant longtemps.
Enorme supercherie : il n’y a pas et il n’y aura plus jamais « assez de travail » (rémunéré, stable, à temps plein) pour tous, mais la société (en fait : le capital) qui n’a plus besoin et aura besoin de moins en moins du travail de tous, s’en va répétant que ce n’est pas elle, la société, oh que non ! c’est vous qui avez besoin de travail. Qu’elle va se donner du mal, beaucoup de mal, pour vous trouver, procurer, inventer du travail, du travail dont elle-même pourrait se passer aisément mais dont vous avez un besoin absolu.
Merveilleuse inversion : ce n’est plus celui ou celle qui travaille que « se rend utile » aux autres ; c’est la société qui va se rendre utile en vous « permettant » de travailler, en vous « donnant » ce « bien précieux », le travail, afin d’éviter autant que possible que vous en soyez « privé ». La société qui s’étonne et s’indigne quand celles et ceux qui ont « le privilège » de travailler, prétendent, les ingrats, discuter ou même refuser les conditions de travail de plus en plus contraignantes qu’on leur impose pour un salaire de plus en plus faible. […]André Gorz (Misères du présent, Richesses du possible)
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