- Rejoindre ce Groupe
- Inviter des contacts à rejoindre ce groupe
- Envoyer compliment
- Nouvelle Discussion
Contes,légendes & traditions, d'ici et d'ailleurs
Avant l'ère de l'informatique, dans les temps anciens mais pas si lointains, nos parents et grands parents nous racontaient moultes histoires . Légendes avec quelque part un fond de vérité, histoires pour endormir les enfants, histoires qui font peur, histoires que j'écoutais avec émerveillement les soirs d'hivers bien au chaud devant la cheminée. Aujourd'hui les enfants et les adultes ne savent plus ni rêver ni faire rêver. Alors pour que la paroles des anciens ne tombent pas dans l'oubli, pour nous faire rêver, nous étonner, venez partager avec nous les contes et légendes de votre région.
La messe de la trentaine/ Bretagne
qui commence avec babou29120 (21 mars 2010)
-
21 mars 2010
Autrefois, c' était l’habitude de faire célébrer pour chaque défunt une trentaine, c’est-à-dire une série de trente services. Les prêtres disaient les vingt-neuf premières messes à leur église de paroisse. Mais la trentième, il était d’usage de l’aller dire à la chapelle de Saint Hervé, sur le sommet du Menez-bré. C’est cette messe de trentaine que les bretons appellent "Ann ofern drantel".
Elle se célébrait à minuit. Onla disait à rebours, en commençant par la fin. Sur l’autel, on n’allumait qu’un des cierges. Tous les défunts de l’année se rendaient à cette messe, tous les diables aussi y comparaissaient. Le prêtre qui l’allait dire devait à la fois être très savant et très hardi . Dès le bas de la montagne ,il se déchaussait et gravissait la pente, pieds nus, car il fallait qu’il fût prêtre "jusqu’à la terre ".
Il montait, tenant d’une main un bénitier d’argent, brandissant de l’autre un goupillon et faisant de tous cotés de continuelles aspersions. Souvent, il avait peine à avancer, tant se pressaient autour de lui les âmes défuntes, avides de recevoir quelques gouttes d’eau bénite et de se procurer de la sorte un soulagement momentané.
La veille, il avait fait porter dans la chapelle un fort sac de graines de lin. La messe dite, il commençait l’appel des diables, dans le porche. Ils accouraient en poussant des hurlements sauvages. C’était le moment terrible. Malheur à l’officiant, s’il perdait la tête ! Il imposait silence aux démons, les faisaient défiler devant lui un à un les obligeant à montrer leurs griffes pour voir si l’âme des défunts, à l’intention de qui il avait célébré ofern drantel,n’était pas tombée en leur possession, puis les renvoyait à mesure, en distribuant à chacun une graine de lin, car les diables ne consentent jamais à s ‘en aller les mains vides. S’il commettait une seule omission, il était contraint, en échange, de livrer sa propre personne. Il encourait donc sa damnation éternelle.
français